L’éducation thérapeutique du patient : un atout au service du patient
L’éducation thérapeutique du patient : un atout au service du patient
L’éducation thérapeutique du patient est entrée dans les faits. Elle fait partie des pratiques auxquelles les acteurs de santé peuvent recourir. Jugée efficace par le Haut Conseil de la Santé Publique qui écrivait à son propos que : « Pour bon nombre de pathologies, il est démontré que l’éducation thérapeutique des patients améliore l’efficacité des soins et permet de réduire la fréquence et la gravité des complications ». Il importe par ailleurs de préciser que l’éducation thérapeutique se distingue de l’éducation pour la santé dont le but est de faire en sorte que chaque citoyen acquière, tout au long de sa vie, les compétences et les moyens lui permettant de promouvoir sa santé et sa qualité de vie (exemples de l’éducation à l’alimentation et au goût, à la prévention des conduites addictives, à la sexualité).
Alors que la principale finalité de l’éducation thérapeutique est de donner la possibilité et les moyens au patient d’être acteur de sa maladie. Cette ambition présente un intérêt majeur, voire un défi, face à la progression des pathologies chroniques qui est sans doute une des caractéristiques majeures de notre époque. Elle s’est imposée comme une réponse pertinente. La transition épidémiologique, en effet, pour reprendre une expression forgée à la fin des années 80, est devenue une réalité du fait de l’importance prise par les pathologies chroniques, le Haut Conseil de la Santé Publique estimant que 20% de la population de notre pays sont concernés, soit quinze millions de personnes. De son côté, l’Assurance Maladie recensait, en 2023, un peu plus de 12,6 millions de personnes affiliées au régime général de l'assurance maladie bénéficiant du dispositif des affections de longue durée (ALD), les principales étant le diabète (26%), les tumeurs malignes (19%), les affections psychiatriques (12%), l’insuffisance cardiaque (11%).
De sorte que les maladies chroniques représentent à l’évidence un enjeu considérable pour le système de santé. Ce défi de la prise en charge de la maladie chronique est d’autant plus important que la maladie chronique est une maladie de longue durée, évolutive, qui a un retentissement sur la vie quotidienne. Elle peut générer en effet des incapacités, voire des complications graves. Elle peut bouleverser le projet de vie de la personne. Elle bouscule souvent la vie familiale, et transforme souvent le proche en aidant, dont le rôle est loin d’être négligeable et qui, très fréquemment, a besoin d’aide et de soutien. Elle se distingue de la maladie aigue par le fait que celle-ci s’inscrit de façon durable dans la vie du patient. Elle peut être vécue très différemment. L’attitude face à la maladie peut donner lieu, en effet, à deux attitudes très différentes :
- L’une qui découle du travail de deuil. Une fois passé le choc de l’annonce, le patient consent à son nouvel état et se donne la possibilité de prendre en compte son traitement en l’intégrant dans sa vie quotidienne tant personnelle que sociale.
- L’autre qui conduit à la mise à distance de la maladie. La maladie représente une menace et génère un mécanisme de défense. Il y a alors déni. La stratégie d’évitement qui se met en place ne pourra guère être écartée sans, le cas échéant, intervention du soignant.
C’est une loi de 2009 qui a introduit la démarche d’éducation thérapeutique du patient. Plus précisément quand on consulte le code de la santé publique, on peut lire dans un de ses nombreux articles - l’article 1161-1- que : « L'éducation thérapeutique s'inscrit dans le parcours de soins du patient. Elle a pour objectif de rendre le patient plus autonome en facilitant son adhésion aux traitements prescrits et en améliorant sa qualité de vie. ».
Très concrètement, l’éducation thérapeutique soulève la question des méthodes et du rôle du soignant. Elle repose sur une étape essentielle qui est le développement des compétences du patient. La question éducative est à l’évidence au cœur de la démarche. Elle ne se réduit pas à de l’information portant sur des savoirs ou des savoirs faire. Elle vise à l’appropriation des savoirs et leur transformation par la personne qui en est destinataire. Très concrètement, la démarche se déroule en quatre étapes résumées dans le schéma ci-après :
Les exemples de programmes d’éducation ne manquent et concernent de nombreuses disciplines cliniques : maladie dégénérative, insuffisance cardiaque (exemple du programme insuffisance cardiaque mis en place par les Hospices Civils de Lyon – Lien ci-après), tumeurs neuroendocrines, digestif, … Incontestablement un important déploiement régional a été effectué. Toutes les régions se sont emparées de cette démarche. Il suffit de chercher sur le site d’une des agences régionales de santé pour savoir ce que les établissements de santé d’une région sont en mesure de proposer et de mettre en œuvre au profit des patients (exemple de la région Occitanie – Lien ci-après).
La maladie n’est jamais désirée. Elle vous frappe. Elle vous bouscule. Les pathologies chroniques sont aujourd’hui bien présentes. Elles sont une des grandes caractéristiques de notre époque. L’éducation thérapeutique est une réponse parmi d’autres face à cette nouvelle donne, un chemin vers un peu plus d’autonomie, sans doute. Les programmes d’éducation conçus par les hôpitaux, qu’il ne faut pas hésiter à solliciter, sont pensés pour aider le patient à mieux vivre sa maladie. Tirons-en le meilleur parti !

