L’éthique au centre hospitalier de Morlaix

Newletter #3 - Article publié en janvier 2026

L’éthique au centre hospitalier de Morlaix

Il est des mots – plutôt des concepts – qui traversent les siècles sans prendre une ride. L’éthique en fait partie. Rares sont les personnes qui n’ont pas entendu ou prononcé le mot « éthique ». Il est fréquemment utilisé. Depuis Platon jusqu’à nos jours, en passant par Spinoza, avec Ricoeur et Levinas, l’éthique s’est largement déployée. À telle enseigne qu’au début des années 90 était publié un livre intitulé La valse des éthiques. Le monde de la santé est au centre de ce mouvement de fond. L’éthique y a pris une place très importante et s’est structurée sous des formes diverses. L’article qui suit vient l’illustrer.

Le comité Éthique du centre hospitalier de Morlaix

Ce comité entre dans la liste des instances qui réfléchissent sur des questions globales propres à la pratique médicale dans les hôpitaux. Contrairement aux autres instances CLUD (douleur), CLIN (infections nosocomiales) ou CLAN (nutrition), il n’entre pas dans la liste des comités induits par la loi.

Sa pratique conduit à réfléchir au bon positionnement éthique dans les actes médicaux. Une pratique qui consiste souvent en la résolution d’un dilemme entre deux valeurs contradictoires que les praticiens doivent respecter. Par exemple : le respect de la parole des patients et l’injonction à traiter la douleur de ces mêmes patients.

Souvent, le questionnement éthique intervient entre deux exigences :

  • Répondre aux sollicitations concrètes des professionnels praticiens de l’hôpital
  • Diffuser les avis élaborés au plan national

Il faut bien l’avouer, le comité intervient souvent à contretemps de la situation à l’origine de la question à traiter, la plupart du temps dans l’urgence du soin. Dans ce cas, la discussion au sein du comité permet de réfléchir, par anticipation, aux situations similaires qui pourraient se présenter ultérieurement.

Concernant la deuxième mission, celle de la diffusion des réflexions éthiques menées au plan national, voire régional, le comité se donne pour rôle de les relayer (diffusion des avis du Comité national d’éthique ou de ceux de l’Espace éthique régional de Bretagne).

Pris entre ces deux exigences, le comité de Morlaix hésite parfois sur les actions concrètes à mener. Son rôle s’en trouve, de fait, amoindri.

Siégeant au sein de ce comité comme représentant des usagers, je participe à cette interrogation.

Théoriquement, le comité éthique enrichit ses délibérations des contributions de différentes sources intellectuelles : juridiques, confessionnelles, psychologiques et philosophiques. Le résultat de la délibération collective fonde ainsi l’avis collectif rendu.

Dans la réalité également, le rôle du comité éthique est de diffuser une position appropriée à la prise en compte de la personne au regard du soin qui lui est proposé.

Au fond, il est plus qu’important de distinguer entre prendre soin et faire des soins

PS : Un petit conseil de lecture pour commencer : L’éthique dans tous ses états Pr Axel Kahn

Christian Dreano