Les mesures de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 qui concernent les personnes âgées, les personnes en perte d’autonomie, les retraités.
Les mesures de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 qui concernent les personnes âgées, les personnes en perte d’autonomie, les retraités.
La Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a été publiée le 30 décembre 2025. Après de multiples débats, de fortes tensions reflétant l’absence de majorité, un recours devant le Conseil Constitutionnel, la nouvelle loi a fini par être publié. Notre pays a fini par se donner cette loi fondamentale pour nous tous. Elle fera sans doute de nombreux mécontents. Ne pas en avoir, aurait sans doute été pire. Plus concrètement, elle s’efforce de répondre aux défis sociétaux du vieillissement démographique et de la baisse de la population active avec un impératif de redressement des comptes sociaux pour préserver le haut niveau de protection de notre modèle social tout en accompagnant les familles, les personnes en situation de handicap et les personnes fragiles. Pour les personnes âgées, nous sommes concernés par le financement de l’achat des fauteuils roulants, des investissements dans les structures intermédiaires, le soutien des professionnels et des établissements et plusieurs mesures concernant les retraites.
Quelle sont les principales mesures qui concernent les personnes âgées et retraitées :
Financement du remboursement intégral de l’achat de fauteuils roulants :La prise en charge intégrale des fauteuils roulants est entrée en vigueur depuis le 1er décembre 2025. Cette réforme du PLFSS organise la prise en charge autour des besoins réel de l’usager. Elle participe à l’amélioration de la qualité des fauteuils roulants pris en charge et réduit le délai d’acquisition en instaurant un guichet unique : l’Assurance maladie ou la MSA. La réforme encourage le réemploi des fauteuils roulants en mettant en place un système de remise en bon état d'usage. L’usager bénéficie de choix supplémentaire et pourra opter pour des solutions plus écologiques s’il le souhaite. Cette disposition rappelons-le concerne aussi les personnes âgées ayant des besoins d’aide pour leur autonomie et leur mobilité.
Investissement dans les habitats intermédiairesLes habitats intermédiaires, à mi-chemin entre le domicile et l’institution, correspondent aux résidences autonomie, résidences services, à l’habitat inclusif ou encore à l’habitat groupé. Ce type de logement joue un rôle majeur dans la prévention de la perte d’autonomie et dans la lutte contre l’isolement des personnes âgées. Conscient de cet enjeu, un effort significatif de 100 M€ à destination de l’habitat intermédiaire est engagé pour 2026. Cet investissement vise à offrir aux personnes âgées un environnement adapté et sécurisé tout en restant à domicile et en garantissant l’inclusion sociale.
Intensification des capacités d’accompagnement des maisons de retraiteDans un objectif d’adaptation de la hausse des personnes en perte d’autonomie, l’État renforce l’offre d’accompagnement à domicile et la capacité des Ehpad à accueillir de nouveaux pensionnaires avec :
- La création de places supplémentaires de services de soins infirmiers à domicile,
- Le doublement du nombre d’équipes à domicile spécialisées Alzheimer et leur élargissement en équipes spécialisées pour les maladies neurodégénératives
- Le recrutement de professionnels supplémentaires en Ehpad.
Amélioration du système de retraites en réduisant les inégalités de pensions entre les femmes et les hommes
La pension moyenne des femmes ne représente aujourd’hui que 62 % de celle des hommes (74 % en tenant compte des pensions de réversion). Le premier facteur d’écart entre les niveaux de pensions des femmes et des hommes n’est plus la durée de carrière mais les inégalités de salaire au cours de la carrière. Pour réduire cet écart, deux mesures sont adoptées :
- Le renforcement de la prise en compte du nombre d’enfants des assurées pour le calcul de leur salaire annuel moyen, ce qui devrait générer une hausse de la pension pour 50 % des femmes liquidant à compter de 2026
- La prise en compte des majorations de durée d’assurance (attribuées pour la naissance d’un enfant) pour permettre l’ouverture des droits à une retraite anticipée pour carrière longue, dans la limite de deux trimestres, ce qui devrait permettre à plus de 13 000 femmes nées à partir de 1970 de bénéficier d’une retraite anticipée.
- Le PLFSS 2026 prévoit de suspendre jusqu’à janvier 2028 le calendrier d’augmentation de l’âge légal de départ en retraite et de la durée d’assurance inscrit dans la loi du 14 avril 2023 portant réforme des retraites. La suspension concerne les générations 1964 à 1968 qui pourront partir un trimestre plus tôt. Pour financer le coût de cette suspension, deux nouvelles mesures sont proposées : une moindre revalorisation des pensions de retraite en 2027 et une contribution plus élevée des complémentaires santé.
- En complément, le cumul emploi-retraite (CER) dispositif de transition entre l’emploi et la retraite, est simplifié. En permettant à ceux qui le souhaitent de travailler après la liquidation de leur pension de retraite, il retrouve son objectif initial : compléter le revenu des retraités les plus modestes.
Jusqu’à présent il existait 2 types de cumul emploi-retraite (permettant de cumuler pension de retraite et revenus professionnels) :
- Le cumul intégral, possible : à partir de l’âge d’obtention de la retraite au taux maximum (67 ans) ; ou dès que l’assuré atteint à la fois l’âge légal de départ à la retraite et la durée d’assurance nécessaire pour obtenir une retraite au taux maximum.
- Le cumul partiel plafonné, dès lors que les conditions pour bénéficier d’un cumul emploi-retraite intégral n’étaient pas réunies.
Le dispositif de cumul emploi-retraite est entièrement révisé pour les assurés qui perçoivent leur première pension de retraite de base à compter du 1er janvier 2027. Dorénavant, il convient de distinguer 3 situations :
- Celle de l’assuré qui n’a pas atteint l’âge légal de départ à la retraite : dans ce cas, la pension de retraite est réduite à concurrence des revenus professionnels et de remplacement
- Celle de l’assuré qui a atteint l’âge légal de départ à la retraite mais qui n’a pas 67 ans et dont les revenus professionnels et de remplacement excèdent un seuil fixé par décret : la pension de retraite est réduite à hauteur de 50 % du dépassement de ce seuil
- celle de l’assuré qui a au moins 67 ans : ici, la pension de retraite est entièrement cumulable avec les revenus professionnels et de remplacement.
Attention : Certains revenus de remplacement sont désormais pris en compte (indemnités journalières de Sécurité sociale notamment) ce qui n’était pas le cas auparavant.
Pour finir, précisons que les revenus professionnels et de remplacement perçus à l'occasion de l'exercice d'une activité d'intérêt général ou concourant à un service public ne sont pas pris en compte, selon des conditions d'âge, de durée, de plafond ou de lieu d'exercice de l'activité professionnelle fixées prochainement par décret.
Sources :
- Consulter le texte : LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
- Consulter le texte : Décision du Conseil constitutionnel n° 2025-899 DC du 30 décembre 2025 (partiellement conforme)
- Journal officiel de la République française, n° 306 du 31 décembre 2025
- Solidarites.gouv.fr
- BPI France

