Prendre le temps de lire le rapport du Conseil de l’âge de septembre 2025 : les seniors sont des contributeurs économiques et sociaux majeurs.
Prendre le temps de lire le rapport du Conseil de l’âge de septembre 2025 : les seniors sont des contributeurs économiques et sociaux majeurs.
Le rapport du Conseil de l’âge, adopté en septembre 2025, analyse la participation et la contribution économique, sociale et environnementale des seniors à la société. Il vise à « revisiter et renouveler les regards sur l’âge et les seniors ».
A travers un vaste panorama le Conseil de l’âge amène à « nuancer le préjugé de la charge nette qu’ils représenteraient pour notre pays ». Loin de l'image passive et consommatrice, les seniors (définis comme les personnes de 65 ans et plus) contribuent aux actions collectives. Ils sont des acteurs essentiels de leurs entourage et communautés, et créateurs de valeur. Sur la base de ses constats, le Conseil de l'âge propose des objectifs de politiques publiques visant à renforcer la participation sociale des seniors (particulièrement pour les groupes les moins favorisés) mais également pour que le vieillissement de la population puisse être appréhendé comme un champ de progrès social et économique, de transitions technologique et environnementale ainsi que d'aménagement du territoire.
Le rapport étudie d’abord : qui sont les seniors et comment contribuent-ils ? Le document explore la diversité des seniors aujourd’hui. Leurs générations tracent des profils démographiques et économiques divers. Et si les plus de 75 ans voire plus de 85 ans vont être de plus en plus nombreux, le niveau de vie moyen baissera par rapport aux actifs. Cependant, les jeunes retraités voient pour plus de la moitié leur niveau de vie s’améliorer.
Si, avec le recul de l’âge de la retraite, la participation des seniors au marché du travail augmente, leur engagement associatif et citoyen diminue, en raison de nouvelles attentes de flexibilité et d'obstacles divers (santé, finances, législation). Cependant, Les seniors contribuent significativement à l'économie, avec des dons et une aide informelle représentant jusqu'à 1,9 % du PIB. Le temps disponible s’accroît, L’aide à l’entourage diminue (pic d’aide entre 50 et 70 ans) Comme l’avait précédemment analysé le Conseil de l’âge, la diminution de l’aide intra-familiale (petits enfants, aidants du conjoint) tient avant tout aux changements dans les familles, mais pourrait se répercuter sur les politiques de l’autonomie.
Concernant le bénévolat et les engagements sociaux, politiques syndicaux, associatifs, les constats sont nombreux. L’engagement associatif diminue (plus que dans les autres tranches d’âge). Il est notable chez les jeunes seniors, et se marque par le refus plus fréquent de prendre des engagements réguliers. En 2024, 30,9% des 75 ans et plus se déclarent bénévoles en association (33,6% en 2004). La participation sociale des seniors est plutôt masculine, plus diplômée, et dépendante de l’état de santé. D’une façon générale, la France présente une participation sociale relativement élevée des seniors par rapport à d'autres pays européens, bien que cette participation ait baissé depuis 2004.
Pourtant, si la participation sociale a un effet protecteur contre la perte d'autonomie, celle-ci bénéficie davantage aux hommes et aux personnes plus diplômées. Le Conseil de l’âge fait alors plusieurs préconisations pour inciter au bénévolat et le rendre plus attractif. Celui-ci pourrait être intégré à la préparation à la retraite et des mesures fiscales être recherchées pour qu’il ne « coûte pas » aux personnes. ; de plus, à tout le moins, il conviendrait de modifier les conditions d’âge d’accès à certains mandats sociaux.
Enfin, sur le plan des contributions économique, sociale et environnementale la contribution des seniors est multiple : d’une part, l’emploi des seniors contribue de façon croissante à l’activité économique et au financement de la protection sociale ; d’autre part, aujourd’hui, les seniors détiennent un patrimoine net plus élevé que les actifs, bien souvent constitué au cours d’une vie active favorable. Ce patrimoine constitué pour près de 70% de leur résidence principale leur permet, notamment aux plus de 70 ans de transmettre aux plus jeunes par des dons et donations. Cet éco-système caractéristique des plus de 70 ans pourrait se trouver modifier par les baisses de ressources des seniors. Enfin, le Conseil de l’âge rappelle que, au-delà de leur importance dans la consommation des ménages et des transferts vers les plus jeunes, la contribution des plus de 50 ans par le biais des tâches réalisées pour autrui (domestiques, aide informelle, associatives) est significative, estimée entre 0,5% et 1,9% du PIB.
Christine Meyer

