La vaccination, toute une histoire …

Newletter #3 - Article publié en janvier 2026

La vaccination, toute une histoire …

Depuis longtemps déjà, la vaccination fait partie de notre histoire. Chaque année, à l’automne, elle nous est rappelée à l’occasion de l’épidémie de grippe. Le rituel est bien établi. Les messages sont clairs : « Faites-vous vacciner ». Les seniors sont davantage ciblés. Notre société s’arme pour faire face à l’épidémie, aux épidémies. Les enfants n’y échappent pas : treize vaccins. Bref, elle est devenue une dimension essentielle des politiques de santé publique.

Du 17ème siècle à nos jours : une révolution scientifique en marche

Faut-il le rappeler, la vaccination a aussi son histoire. Elle commence avec les premières tentatives d’immunisation contre la variole au 17ème siècle. À cette époque, pour s’en protéger, on introduit dans le corps d’une personne du pus de pustules de malades. Ce n’est qu’à la fin du 18ème siècle qu’un médecin anglais, Edward Jenner, découvre que la variole ressemble à la maladie des vaches : la vaccine. Partant de là, Edward Jenner, par de petites incisions sur une personne servant de cobaye, la contamine avec de la vaccine. La démarche est couronnée de succès. Elle se diffuse. Le nom de vaccination est né.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, Louis Pasteur, qui donna son nom au réseau international composé de 32 instituts Pasteur, travaillant sur des animaux d’élevage, découvre qu’une bactérie est à l’origine du choléra des poules. Il inocule alors des cultures de cette bactérie à des volailles qui, bien que malades, n’en meurent pas. Le vaccin atténué, consistant à affaiblir le virus pour provoquer une maladie bénigne tout en protégeant de la maladie mortelle, est né. En 1885, il met au point la vaccination humaine contre la rage avec le premier vaccin atténué. La découverte est mondialement saluée et marque un immense progrès dans la démarche vaccinale.

La recherche scientifique va s’enrichir avec les pasteuriens. Par exemple, Émile Roux, proche collaborateur de Pasteur, découvre le sérum antidiphtérique. De même, Robert Koch et Émile von Behring, de la grande école de microbiologie allemande, découvrent l’un la bactérie responsable de la tuberculose, l’autre les toxines sécrétées par le bacille de la diphtérie et du tétanos. Les vaccins contre la diphtérie et le tétanos voient le jour dans les années 1920. Toujours dans les années 20, le principe d’atténuation cède la place à l’inactivation des bacilles. Les vaccins contre des maladies bactériennes comme la typhoïde et la tuberculose sont mis au point.

Ultérieurement, les techniques de culture évoluent vers des cultures cellulaires synthétiques. Le vaccin contre la fièvre jaune apparaît dans les années 30. Dès 1933, le virus de la grippe est isolé, mais c’est l’Américain Jonas Salk qui prépare le vaccin à grande échelle. Vingt ans plus tard, il conçoit le vaccin contre la poliomyélite. Albert Sabin en proposera ultérieurement une forme orale. Les vaccins à plusieurs valences, permettant une protection simultanée contre plusieurs maladies, sont élaborés (par exemple le vaccin trivalent diphtérie-tétanos-poliomyélite — DTP).

Depuis les années 60, les techniques n’ont pas cessé de progresser. Elles sont passées des méthodes traditionnelles de vaccination, avec introduction dans le corps d’un microbe affaibli ou mort pour déclencher une réponse immunitaire, à de nouvelles méthodes recourant, par exemple contre le COVID-19, à la technique de l’ARN messager. Plus généralement, la production des vaccins a fortement évolué, profitant des avancées issues d’autres domaines comme la biologie moléculaire, le séquençage génomique et l’immunologie.

De plus, jusqu’à présent, les vaccins étaient développés pour prévenir des maladies infectieuses. Les découvertes récentes ouvrent la porte à l’utilisation des vaccins dans la prévention de maladies telles que les cancers, les allergies ou les maladies auto-immunes. Des évolutions existent aussi dans le domaine de l’administration, avec l’utilisation de patchs ou d’implants placés sous la peau. Enfin, des progrès portent sur la stabilité des vaccins et leur stockage : l’objectif est de conserver plus longtemps leur efficacité sans obligation de chaîne du froid.

Ce bref aperçu de l’histoire de la vaccination montre à quel point les savoir-faire et les techniques de production ont considérablement évolué. Il souligne aussi l’importance de la vaccination pour lutter contre les grandes épidémies et pandémies qui jalonnent l’histoire de l’humanité et qui, malgré les énormes progrès réalisés, continuent de faire peser un risque sur les populations, risque d’autant plus élevé avec l’intensification des migrations. Certes, ces progrès n’effacent pas les débats sur le libre choix, les questionnements sur les libertés publiques, ni la désinformation ou les thèses non argumentées.

Pour conclure et sans aucun parti pris, reprenons un extrait d’une publication intitulée « Quels sont les bénéfices de la vaccination ? » de Santé Publique France :

« Les vaccins sont des médicaments d’une importance capitale pour la santé de tous, car ils permettent d’éviter un très grand nombre de maladies et d’épidémies. La vaccination représente l’un des plus grands succès de la santé publique : selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2 à 3 millions de vies sont sauvées chaque année grâce à cet acte simple de prévention. »

Sources & Documents

Pour aller plus loin avec mes vaccinations…

Mon espace santé – l’exemple de Bernard :

Flyer sur la vaccination en EHPAD :

Mon calendrier vaccinal :

Par Bernard Da Lage et René Drivet